Publié le 03 juin 2016

Interview : Bernard Gérardin

UN OBSERVATOIRE POUR MESURER LES IMPACTS DE LA LGV

Créé par LISEA en partenariat avec SNCF Réseau, l’observatoire socio-économique mesure, évalue et fait connaître les effets directs et indirects de la construction, de l’exploitation et de la maintenance de la ligne LGV jusqu’en 2027. Rencontre avec Bernard Gérardin, son responsable, par ailleurs directeur de recherche.

COMMENT FONCTIONNE L’OBSERVATOIRE SOCIO-ÉCONOMIQUE ?

Notre mission consiste à mener des études et des recherches, collecter des données, puis assurer la valorisation et la vulgarisation de ces travaux. L’observatoire s’appuie sur un comité scientifique indépendant de 8 universitaires et chercheurs autour de son président, Alain Bonnafous, professeur émérite et chercheur au laboratoire d’Economie de l’Aménagement et des Transports (LEAT) de l’Université Lumière Lyon 2. En parallèle, un comité de suivi rassemble les organismes d’Etat, SNCF Réseau, LISEA et les préfectures des régions concernées. La direction technique et administrative est assurée par LISEA.

QUELS SONT LES SUJETS SUR LESQUELS L’OBSERVATOIRE EST AMENÉ À TRAVAILLER ET COMMENT SONT-ILS DÉFINIS ?

Nous nous saisissons de tous les sujets qui permettent de mesurer l’impact social, économique, en termes d’emploi et d’aménagement du territoire de la ligne LGV SEA. Le programme de travail est défini et validé par le comité scientifique. Les études sont ensuite menées par des chercheurs et des consultants, mais aussi des thésards et des stagiaires que nous dirigeons dans le cadre de la réalisation de leurs travaux d’études, à l’image de la thèse qu’Etienne Fouqueray a menée cette année sur les retombées économiques et sociales du chantier et qu’il va poursuivre en 2016.

 

COMMENT TOUTES LES DONNÉES SONT-ELLES COLLECTÉES PUIS TRAITÉES ?

La plupart des données nous sont transmises par nos partenaires : CCI, offices de tourisme, collectivités territoriales, Pôle Emploi, Insee, services de l’Etat… Mais pour mener à bien nos études, nous devons également collecter de nombreuses donn.es furtives en temps réel avant qu’elles ne disparaissent, comme les prix des billets de train et d’avion par exemple.

 

Retrouvez toutes les études menées par l’observatoire socio-économique

QUELS ONT ÉTÉ LES TRAVAUX MENÉS PAR L’OBSERVATOIRE EN 2015 ?

Nous avons par exemple étudié les effets prévisibles de la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux sur l’accessibilité et sur les trafics interurbains, ainsi que sur les tarifs et les horaires proposés aux usagers. Une action a été conduite sur l’impact de la ligne sur le tourisme en Gironde et un travail analogue est prévu pour mesurer les conséquences du réaménagement de la Gare St-Jean et du quartier environnant à Bordeaux. Un important travail de cartographie a également été réalisé. Enfin, le suivi d’une cohorte de salariés en CDD ou en intérim ayant travaillé pour le constructeur COSEA sur le chantier de la ligne nouvelle SEA va se poursuivre en 2016. En collaboration avec l’Université de Poitiers, les anciens collaborateurs enquêtes en 2015 seront à nouveau interrogés au cours du 2e semestre 2016.

 

CONCRÈTEMENT, À QUI SERVENT CES ÉTUDES ?

Les résultats de nos recherches sur le tourisme en Gironde vont par exemple permettre au comité départemental du tourisme d’améliorer son offre d’accueil. Grâce au travail mené sur effets du chantier, on a pu évaluer l’impact du projet SEA sur l’économie régionale et l’emploi. L’Etat s’intéresse à nos études pour éventuellement préparer de futurs investissements ferroviaires sur d’autres axes. Les collectivités territoriales vont quant à elles pouvoir s’appuyer sur nos travaux pour mesurer l’impact des travaux de rénovation et d’aménagement entrepris dans les quartiers qui entourent les gares des villes traversées par la LGV SEA.