Publié le 31 août 2018

Bandes fleuries le long des champs : encourager le développement des insectes au service des cultures

Les Chambres d’Agricultures des six départements traversés par la LGV ont engagé, grâce au soutien de la Fondation LISEA Biodiversité, un projet d’ampleur sur la création d’infrastructures agro-écologiques. 30 hectares de bandes fleuries, sur 48 hectares d’ici fin 2018, ont été plantés au bord des champs des plaines céréalières dans le but de favoriser le développement des auxiliaires de culture et évaluer ainsi l’impact en matière de biodiversité et leur rôle sur les cultures.

 

Création d’infrastructures agro-écologiques

Le long de certains champs au printemps et en été, il est possible de se laisser surprendre par des tapis de fleurs s’étalant sur plusieurs centaines de mètres et qui donnent à la campagne un caractère très champêtre.

Si ce spectacle est particulièrement agréable à la vue, il l’est aussi pour les cultures. C’est tout du moins ce que tentent d’évaluer les chambres d’agricultures des six départements traversés par la LGV par un projet d’ampleur sur l’accompagnement des agriculteurs à la création d’infrastructures agro-écologiques en plaines céréalières.

 

48 hectares de bandes fleuries d’ici 2018

Porté par la Chambre d’Agriculture Poitou-Charentes (avant la fusion des régions), ce projet, engagé depuis 2014 grâce au soutien de LISEA Biodiversité, a pour objet, avec la plantation de 48 hectares de bandes fleuries d’ici fin 2018, de créer les conditions idéales afin de favoriser le développement des auxiliaires de culture et évaluer l’impact en matière de biodiversité et leur rôle sur les cultures. « Ce projet s’inscrit pleinement dans le plan national Ecophyto qui vise à réduire de 50 % les produits phytosanitaires, explique Philippe Blondeau, chargé de mission Ecophyto et Biodiversité à la Chambre d’Agriculture Nouvelle-Aquitaine. Les auxiliaires, qui sont le plus souvent des insectes, peuvent jouer un rôle essentiel pour les cultures. Ils sont des protecteurs pour les végétaux, en consommant les nuisibles, ils participent à la santé des plantes et à leur pollinisation. »

 

Des semences locales sélectionnées

Le premier travail a été d’élaborer le mélange de semences. Pour ce faire, la Chambre d’Agriculture a sélectionné des plantes en privilégiant le caractère local, la durabilité, l’adaptation en fonction des aléas climatiques mais aussi leur capacité à offrir des zones d’alimentation et de refuge. Six espèces ont ainsi été retenues : dactyle, luzerne, trèfle violet, grande marguerite, achillée millefeuille et millepertuis. La production de ces semences a été assurée par un céréalier local.

La deuxième grosse opération a ensuite été de mobiliser les agriculteurs et les former à identifier les bonnes implantations des bandes fleuries et à reconnaître les auxiliaires de culture, « mais aussi leur expliquer l’apport essentiel de ces derniers. Par ce biais, l’objectif était alors de les sensibiliser à une forme d’agriculture plus respectueuse de l’environnement et arriver petit à petit à changer leurs habitudes. » 44 se sont portés volontaires à qui ont été distribués gracieusement les semences.

 

Une augmentation du nombre et de la diversité d’insectes

Les premiers semis se sont échelonnés du printemps 2016 à l’automne 2017. « Ces bandes fleuries font en moyenne 3 à 5 mètres de large et sont implantées, en bordure de champs ou en bandes inter-parcellaires, sur 5000 mètres linéaires par exploitation en moyenne. Pour le moment, 30 hectares de bandes ont été réalisés. »

A partir de là, des suivis floristiques et entomologistes ont été menés pour évaluer l’intérêt de ces couverts végétaux pour les auxiliaires et pour la lutte biologique contre les ravageurs des cultures. « Les premiers résultats sont encourageants, poursuit Philippe Blondeau. En termes de populations présentes, il y a 2 à 3 fois plus d’auxiliaires en début d’été avec une grande diversité de cortèges d’insectes et d’araignées. A souligner aussi que ces bandes sont favorables à la présence de la faune sauvage. Pour ce qui est de l’intérêt biologique, les données seront intégrées à une étude qui est menée en parallèle, depuis un an, intitulée Arena, et qui évalue l’impact sur les cultures des couverts végétaux. »

Le projet se poursuit jusqu’à fin 2018 avec la plantation de 18 hectares supplémentaires.