Publié le juin 04, 2015
LISEA pointe du doigt la politique malthusienne de la SNCF

[vc_row][vc_column width=”1/6″][/vc_column][vc_column width=”2/3″][vc_column_text]Extrait de la lettre APS #1950 de Mai 2015 – L’information stratégique en Aquitaine et Poitou-Charentes.[/vc_column_text][/vc_column][vc_column width=”1/6″][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column width=”1/6″][/vc_column][vc_column width=”2/3″][vc_column_text el_class=”chap”]Dans un mois, Jean Auroux aura remis son rapport. Pendant que ce médiateur nommé, par le gouvernement pour aplanir les différends entre les collectivités territoriales et la SNCF dans le dossier de la LGV Sud Europe Atlantique, poursuit ses consultations, la société concessionnaire de la ligne, LISEA, ne chôme pas et prévoit une mise en service avant la date butoir. Laurent Cavrois, président de LISEA, a accordé à APS une interview exclusive.[/vc_column_text][/vc_column][vc_column width=”1/6″][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column width=”1/6″][/vc_column][vc_column width=”2/3″][vc_single_image image=”1828″ img_size=”full”][/vc_column][vc_column width=”1/6″][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column width=”1/6″][/vc_column][vc_column width=”2/3″][vc_column_text]APS : Où en est le chantier de la LGV Tours-Bordeaux ? Sera-t-elle livrée dans les temps ?
Laurent Cavrois : Oui, la LGV sera livrée dans les temps. Nous réfléchissons même à une date de mise en service qui sera avant la date contractuelle du 31 juillet 2017, peut-être au tout début de l’été 2017. La phase importante de génie civil, avec des volumes gigantesques de terrassements et de très nombreux ouvrages d’art, est quasiment achevée, on peut dire à 99%. Les travaux dits ferroviaires ont été engagés à l’automne dernier avec la pose du ballast, des traverses, des rails, de la caténaire, des signaux… Bref, tout ce qui fait qu’il s’agit d’une ligne ferroviaire et non pas d’une autoroute. Cette phase-là devrait être achevée en septembre 2016. Avec la mise sous tension de la ligne, pourront alors s’engager les essais jusqu’au début de l’année 2017. Le tout dernier volet sera consacré à la formation in situ des personnels d’exploitation, ce qu’il est convenu d’appeler la “marche à blanc”.

 

APS : Des discussions très serrées sont menées actuellement entre la SNCF et les collectivités territoriales, via le médiateur Jean Auroux, autour des dessertes de certaines gares par les TGV, une fois la ligne mise en service. Quelle est votre position dans ce débat ?
Laurent Cavrois : La question des dessertes en 2017 constitue un sujet majeur et il nous préoccupe au premier chef. Les collectivités, appelées à financer le projet, ont signé une convention de desserte avec l’Etat. Elles entendent aujourd’hui faire respecter les engagements pris, ce qui nourrit les discussions du moment auxquelles nous ne prenons pas part directement. Et nous ne participons pas plus directement à l’éventuelle conséquence financière sur la contribution publique au projet. Pour ce qui nous concerne, nous apportons la moitié du financement. Pour l’autre moitié, c’est à la SNCF Réseau de faire en sorte que ses financeurs publics la paye.

 

APS : Mais vous aussi vous menez des discussions compliquées avec la SNCF…
Laurent Cavrois : Nous essayons de notre côté d’avancer sur la question des dessertes au plan global, dépassant la seule problématique de celles concernant Châtellerault, Poitiers, Angoulême et Libourne. L’autre grand enjeu, c’est la desserte de Bordeaux, c’est la navette que l’on attend avec impatience pour s’assurer du report modal, c’est le développement d’Euratlantique, de la métropole bordelaise et ce sont aussi les prolongements pour l’ensemble du Sud-Ouest. A ce titre, nos discussions avec la SNCF sont au point mort et nous souhaitons qu’elles reprennent le plus rapidement possible.

 

APS : Qu’attendez-vous de ces discussions ?
Laurent Cavrois : Notre souhait consiste bien sûr à optimiser l’utilisation de la ligne. En cela, nous avons des intérêts complètement alignés avec toutes les collectivités, au premier rang desquelles figurent Bordeaux Métropole, la Région Aquitaine et la future grande région dont la ligne à grande vitesse va constituer une épine dorsale. Nous sommes vraiment en phase avec les enjeux des territoires, que ce soit pour l’accessibilité de Paris et de marchés plus lointains, ou que ce soit pour la desserte des territoires de la future région. La SNCF a une vision très minimaliste, très malthusienne de la desserte, ce qui ne sert pas nos intérêts.

 

APS : Votre groupe suit-il de près le projet GPSO qui a fait l’objet d’un avis défavorable de la commission d’enquête sur les lignes nouvelles à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax ?
Laurent Cavrois : Le grand intérêt pour la France de ces grands contrats de partenariat qui sont malheureusement de temps en temps décriés, c’est de construire des compétences au sein des champions du BTP français qui, en association avec des investisseurs, savent armer, monter, organiser de toutes pièces une ligne de A à Z. Chez Vinci, nous entendons capitaliser sur ce savoir-faire et essayer de le vendre à l’étranger, mais aussi en France pour les nouveaux projets. Concernant le projet GPSO que vous évoquez, après l’avis négatif de la commission d’enquête, il faut aller au bout des différentes phases administratives. Si ce projet est déclaré d’utilité publique, il faudra encore que l’Etat se prononce sur la modalité d’exécution et rien n’indique que ce sera une forme contractuelle plus qu’une autre. Pour sa part, Vinci n’a pas de préférence et s’adaptera au choix qui sera fait.

 

APS : Pensez-vous que ce dossier puisse sortir de l’ornière ?
Laurent Cavrois : Je pense que ce projet a une véritable utilité économique et qu’il finira par être remis en selle. A l’heure où l’on se demande comment réveiller la France et retrouver les chemins de la croissance, nous avons là des outils très puissants et cette réalité devrait s’imposer. Il faut néanmoins passer par les étapes normales du débat et notamment le débat public. L’important à court terme pour nous, Lisea, c’est de faire la démonstration de la pertinence de notre ligne. En démontrant que SEA répond à tous ses objectifs en matière de travaux, d’environnement et de desserte qui est si importante pour l’attractivité des territoires.

 

Propos recueillis par Joël Dauga pour APS[/vc_column_text][vc_single_image image=”2673″ img_size=”full” onclick=”custom_link” img_link_target=”_blank” link=”http://www.aquitainepresse.com/”][/vc_column][vc_column width=”1/6″][/vc_column][/vc_row]